Couverture du livre Jewish Gangsta de Karim Madani aux éditions Marchialy

Jewish Gangsta

Aux origines du mouvement goon

de Karim Madani

à paraître le 16 février 2017

L’envers de Brooklyn en pleine guerre des gangs .

Qu’est-ce qui réunit deux jeunes frères d’origine israélienne amateurs de hip hop, de metal et de films gore, la fondatrice d’un gang de filles et un prodige du vol de voitures ? Ils sont tous les quatre jeunes, blancs, juifs et déclassés, perdus dans l’enfer de Brooklyn des années 1990, coincés dans la guerre des gangs.

Pour s’en sortir, tous les moyens sont bons – trafic de crack, vol à la tire, bastonnades. Leur énergie commune définira un courant du hip hop et de la culture urbaine : celui des goons. Les destins croisés de Ill Bill et Necro, J.J. et Ethan Horowitz sont des illustrations de ce mouvement. Dans Jewish Gangsta, Karim Madani nous rapporte des histoires vraies, méconnues, violentes, hypnotiques et teintées d’un humour très noir.

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L’auteur :

Né à Paris en 1972, Karim Madani se passionne pour le cinéma, les comics, le jazz, la soul, le funk et les B.O. de films. Journaliste pour des revues spécialisées dans les cultures urbaines et les musiques afro-américaines, il a interviewé les plus grands artistes de cette scène (50 Cent, Wu-Tang Clan, Puff Daddy, Jay Z). Il est également auteur de romans noirs : Le Jour du fléau (Gallimard), Casher Nostra (Le Seuil) et biographe : La Fouine (Flammarion), Spike Lee et Kanye West (Don Quichotte).

Extrait :

« Ill Bill regarde les camés passer un par un dans le hall du HLM. Dehors, il fait un froid polaire. Cold World Baby. Necro récupère les pochons de beuh dissimulés dans les néons blafards et Bill attrape les billets poisseux à l’effigie de présidents crevés et enterrés depuis longtemps. Washington. Grant. Jackson. Peu de Franklin, parce qu’aucun camé n’est assez fou pour se balader dans les cités de Brooklyn avec un billet de 100. Le vent souffle depuis les Grands Lacs, depuis ce putain de Canada. Bill enfonce son bonnet The North Face jusqu’aux lobes des oreilles et sort inspecter les alentours. Pas de flics ni de Jamaïcains à l’horizon. Faut faire gaffe avant de sortir, les gangs s’entretuent pour le contrôle du trafic de came à Brooknam. Bill respire l’air froid à pleins poumons. Aucun hélicoptère bourré de G.I. sous acide ne survole les toits des HLM en brique brune en lâchant à plein volume les Walkyries de Wagner et des hectolitres de défoliant, mais ça sentirait presque le napalm dans cette jungle new-yorkaise.

Bill ne le sait pas encore, mais les flics du 113e precint de Brooklyn Nord ont annulé une descente à la dernière minute. Pas assez d’effectifs et un triple meurtre dans un HLM de Cypress Hill, dont un gamin de 7 ans. Tous les flics, stups et brigade criminelle, baptisée dans la street les Homocides, ont été mobilisés sur l’affaire. Bill touche son pendentif en or massif, représentant un Jésus Yahvé qui brandit un petit automatique. Le Dieu de la Torah veille sur lui. Le melting pot new-yorkais continue de défiler dans le lobby du HLM. Des Noirs, des Blancs déclassés, des Juifs, des Hispanos, des pédés, des gouines, des filles en cloque. Il repère Sandy. Enceinte jusqu’à la pupille. Dilatée. Bill ne fait pas de détail. Les affaires sont les affaires. Il se fumerait bien un Phillies Blunt cela dit. Il retourne dans la cage d’escalier. Récupère le fric. Necro continue de servir les weedheads. Dans la poche de son jean baggy se trouve un exemplaire très abîmé du bouquin de Bret Easton Ellis, American Psycho. »

Écoutez la playlist du livre :