Tampon MarchialyLa famille Marchialy
Portraits de la famille. De gauche à droite : Cyril Gay, Clémence Billault, Guillaume Guilpart.

Les éditions Marchialy, une histoire de famille

Les éditions Marchialy, fondées en 2016 par Clémence Billault et Cyril Gay, publient au rythme d'une dizaine de titres par an des histoires vraies portées par une exigence littéraire : grands reportages aux limites du roman d’aventures, enquêtes romancées, épopées gonzo, récits d’exploration. Du désert aux mégalopoles, Marchialy combine l’acuité du journaliste et le talent du bonimenteur.

La genèse des éditions Marchialy

Il était une fois un frère et une sœur, tous deux avides de bonnes histoires capables de nous en apprendre plus sur notre monde. Ils étaient avides d’histoires vraies. Un jour, l’un trouva un texte exceptionnel qui rassemblait tout ce qu’ils aimaient lire : une enquête journalistique haletante, le récit initiatique d’un jeune homme aventureux, la découverte d’un monde insolite et le voyage dans une contrée inconnue. Ce texte n’existait pas en français et ils décidèrent de le publier.

SON TITRE : TOKYO VICE
L’AUTEUR : JAKE ADELSTEIN

Tokyo Vice
La première couverture confectionnée par Guillaume Guilpart. Le coup de cœur fut immédiat.

Il fallut d’abord lui confectionner une enveloppe, une écorce, un corps. Le frère et la sœur demandèrent à leur cadet de quelques années, artisan du livre, graveur et typographe, de s’atteler à cette lourde tâche. Dix-sept jours plus tard, il proposa une couverture si extraordinaire qu’elle fut immédiatement adoptée.

Restait à trouver un nom à la maison d’édition qu’ils étaient, émus, en train de créer. Ce fut le nom de leur ancêtre qui remporta l’unanimité et ils burent un verre de cognac pour honorer sa mémoire.

Imprimez la légende Marchialy : l’aïeul

Il y a trois cent dix-sept ans, le 19 novembre 1703, un détenu mourait dans les geôles de la Bastille après trente ans de réclusion. Son motif d’incarcération, son véritable nom, son visage même sont inconnus – l’individu vivait la tête prise dans un masque de fer. Les théories sur son identité abondent, mais les documents et les faits sont rares : un acte d’écrou, une trace sur le registre de la citadelle de l’île Sainte-Marguerite et celui de la Bastille, un inventaire post mortem de ses possessions. Rien de très concluant.

Le phénomène est pourtant trop étrange pour ne pas susciter l’imagination. Voltaire s’en saisit et l’utilise pour fustiger la monarchie absolue, Alexandre Dumas en fait un personnage central de la dernière aventure des plus célèbres mousquetaires, Alfred de Vigny lui consacre un long poème et Victor Hugo laisse derrière lui un drame inachevé sur cette figure ; plus tard encore, Marcel Pagnol part sur les traces de cet homme aux yeux sans visage.

Depuis, que de tentative n’ont été faites pour lui attribuer une personnalité et une identité ! L’hypothèse la plus répandue veut que ce détenu fût le frère – jumeau – de Louis XIV. Incapable de se rendre coupable de fratricide, mais soucieux de rester l’unique monarque, il aurait fait enfermer son double.

L'Homme au masque de fer
L'Homme au masque de fer - Source : gallica.bnf.fr/BNF

Pour notre part – hypothèse supplémentaire et qui est loin d’être la plus fantasque –, nous avançons être les descendants directs de l’anonyme embastillé. C’est dans la même salle de bibliothèque, faisant des recherches généalogiques, que les futurs fondateurs de la maison se sont rencontrés. Heureux de se trouver un parent commun et enthousiasmés par le souffle romanesque de cette histoire, ils posèrent la première pierre des éditions Marchialy quelque temps après. Sans autre prétention que de publier des histoires réelles, bien qu’invraisemblables, les jeunes membres de la famille Marchialy gardent en tête que, s’il n’est pas toujours possible de faire tomber les masques, il est impossible de museler complètement la parole.

Bienvenue dans la conjuration, bienvenue dans la famille.